_____________________________________________________________________________________________________
Les mathématiques, vous connaissez? Ca vous dit d'en faire un peu avec moi?
Propriété numéro un: Indochine est L£ groupe qui arrive à me réduire à l'état de groupie hystérique.
Propriété numéro deux: Nicola Sirkis est L'homme de cinquante ans le plus sexy qu'il m'ait été donné de voir.
Propriété numéro trois: ne jamais sous-estimer le pouvoir de ce groupe.
Propriété numéro quatre: les gradins sont la nouvelle fosse.
________________________________________________________________________________________________________
"Un putain de public, un putain de concert". Non, ça, c'était avant.
Je me sentais anxieuse, pas prête. Les derniers jours, les dernières semaines avaient été pénibles, stressantes, moches. J'avais peur de ne pas pouvoir profiter de ce concert, peur de ne pas pouvoir y aller étant donné que personne ne voulait venir nous rechercher, X et moi. Allais-je, pour la première fois, rater un concert d'Indochine? Non...
C'est vers 6h que l'on arriva sur Bruxelles. C'était la première fois que je n'étais pas sur place 6 heures avant le début du concert. J'essayais de ne pas trop penser aux gens qui devaient être déjà là, ni à la place de parking que l'on ne trouvait pas.
A 6h50, je sors de la voiture, anxieuse, toujours. Un dernier coup d'½il sur les portières et nous voilà en route. Dans ma tête, le dilemme qui me poursuit depuis quelques heures déjà: gradins ou fosse? Fosse ou gradins?
Je marche, je marche, Forest se rapproche. La foule est présente, et, à ma grande surprise, les portes sont déjà ouvertes. Je respire un grand coup afin de faire taire cette petite voix qui me dit: "avance, contourne".
Deux poupées gonflables jonchent l'entrée. Pas de doute, c'est bien Indochine que l'on vient voir. Je retrouve les vigiles habituels ainsi que cette sale manie de fouiller les sacs pour retirer les bouchons des bouteilles.
On entre dans la salle, je regarde les gradins; de belles places sont en vue. Malheureusement, elles sont réservées à l'élite de ce monde (qui ne viendra, cependant, pas). C'est donc résignée, que je me dirige vers la fosse. Beaucoup de grands, trop de grands pour ma petite taille. Non pas que nous étions loin de la scène, mais la masse humaine m'empêchait de voir quoi que ce soit.
A mesure que les minutes passent, la foule devient de plus en plus dense; les gens se rapprochent des uns des autres, l'atmosphère devient de moins en moins respirable et les odeurs de sueur, de cigarette et de bieres m'incommodent de plus en plus.
Que faire? Rester là au prix de ne pas pouvoir en profiter pleinement ou rejoindre les gradins supérieurs de la salle? Tout se mélange dans ma tête, j'hésite, demande à X ce qu'il serait le mieux de faire, sans pour autant recevoir de réponse. Après que toutes les meilleures places gradins aient été prises, je me décide enfin: ce sera les gradins.
Une fois de plus, ma lenteur à prendre des décisions m'a joué un tour, mais bon... Je me retourne pour sortir de la fosse et là, les lumières se coupent: plus moyen de voir s'il reste encore deux places sur les gradins inférieurs. Je décide donc de monter tout en haut, avec X. Les seules places de libres semblent être celles du côté droit. Nous prenons place.
C'est haut, tellement haut que j'ai l'impression que les gens ressemblent à de minuscules vers grouillants. Je repère ça et là quelques sièges libres dans les gradins inférieurs, mais je n'ose plus bouger de peur de me faire prendre le mien.
La première partie, dont j'ai oublié le nom, continue à jouer. Je regarde autour de moi: que des vieux snobs. Je repère la barre de protection des gradins et me dis que j'irai bien passer mon concert là-bas. Bien vite, des souvenirs me reviennent. Je revois ce garde du corps qui m'avait fait dégager de cette fameuse barre. Je laisse tomber.
Plus tard, pourtant, deux filles viennent s'y accrocher. X m'encourage à les rejoindre, ce que je fais. Je me place à côté d'un homme. Par politesse, je lui demande si je ne le dérange pas. "Pas pour l'instant du moins", me répondit-il affalé sur son siège, tel un grand patron d'une multinationale. Je me rends compte que d'ici peu, il m'obligera à retourner à ma place, mais je tiens bon.
Quelques minutes plus tard, un homme, que je prends au début pour un vigile, me demande si j'ai l'intention de rester là pour le concert. Je lui réponds que oui, mais il m'oblige à retourner m'assoir. Je suis furieuse. Je ne dérangeait personne, j'étais dans le couloir. Mais visiblement, c'était beaucoup trop pour ces gens "bien mieux qu'une simple fan comme moi".
Je trépigne sur mon siège. Passer un concert d'Indochine assis?! Je parviens cependant à me rappeler ce trait de famille caractéristique: même assise, je parviens à plus bouger que les trois-quart des gens debout.
La première partie se termine. J'ai hâte qu'Indochine arrive. Un rideau se pose. De là où je suis, j'arrive à voir ce qu'il se passe derrière celui-ci.
Dans les oreilles, des chansons d'avant-guerre qui me donnent l'impression de me fondre dans une époque à laquelle je ne connais, pourtant, rien.
"Indochine, clap, clap, clap, Indochine, clap, clap, clap". Les gens s'impatientent, moi aussi. Je ressens l'envie de crier, mais n'ose pourtant pas le faire à cause de tous ces... coincés. Derrière moi, un homme qui ne cesse de téléphoner depuis le début. Il s'énerve parce qu'il n'entend rien et fini par partir. Ca me soulage: je vais pouvoir me lever sans gêner personne.
Mais le plaisir n'est que de courte durée: un couple vient se placer derrière nous. Je pousse un soupir de désespoir. La musique continue à aller, je ne tiens plus. Où diable sont-ils!
Soudain, les lumières se ferment. Le cavalier de l'affiche apparaît sur l'écran. L'animation se déroule, les gens hurlent. Je frappe dans les mains tant j'ai hâte de les voir. Le jeu du cavalier semble durer des heures et pourtant, elle est vraiment magnifique. Le c½ur battant, j'entends les premières notes se jouer "Un homme assis dans un couloir, à l'enfantillage".
Ca y est, ils sont là. "Essuie-toi, les mains sales juxtaposées". Je sens que le rideau va bientôt tomber... "Mais à l'arrière du passé, je nage et je dégaaaaage".
PAF, le rideau tombe, je crie, j'hurle! Nicola est petit, si petit, mais je vois tout, j'ai de la place et l'air est respirable (enfin presque :p). Les gens se déchaînent, et moi avec. Je gesticule, sur ma chaise, tandis que d'autres me regardent comme si je débarquais d'une planète éloignée. Tant pis pour eux, j'ai trop besoin de profiter. Chaque cris me donne l'impression d'évacuer toute la haine, toute la tristesse et toute l'angoisse que j'avais emmagasinée jusque là.
Nicola est en forme, je le regarde comme si c'était la première fois. Déjà, les premières notes de Marilyn commencent. La justesse de sa voix m'impressionne. Je le trouve tellement extraordinaire. Bientôt, mon voisin de derrière se met à m'imiter. Comme moi, il se fait regarder bizarrement, mais ses cris m'encouragent à crier encore plus fort que lui.
Je me sens heureuse, émue. J'aurais envie de bondir sur scène pour lui dire à quel point je l'aime et à quel point, une fois de plus, il est venu me sauver de toute cette saloperie.
A Alice et June, les gens devant moi commencent à se lever. ENFIN *-*. Je me lève avec eux. Je bouge comme un pantin désarticulé, j'hurle de plus en plus et chacun de mes cris donne envie à mon partenaire d'infortune de crier également.
Les gens sont fous, Nicola n'en revient pas. Les cris sont tellement forts que je peine à entendre le début de chaque nouvelle chanson. Mais quelle joie de pouvoir participer à ça.
Si les playlists sont toujours choisies avec soin, celle-ci était de loin la meilleure qu'il m'ait été donné d'écouter. Imaginez-vous: Républika, Playboy, Junior Song, le Lac, la Lettre de métal, un Ange à ma table (que j'adore), Punker, Mao Boy, mais aussi le Manoir (magnifique), DRUGSTAR (j'ai cru mourir :p), Tes yeux noirs ..., le medley avec toutes mes musiques préférées: "You spin me round, Salinger, Canary Bay, les Tzars (aaaah les Tzars..)" et j'en oublie, pardonnez-moi.
L'ambiance est indescriptible, de ma vie je n'avais vu ça. Soudain, les premières notes de 3ème sexe débutent. Les larmes me montent, j'aurais envie de lui dire tellement de chose. J'essaie de me contenir avec difficulté. L'émotion est grande, Nicola se prosterne devant nous et nous signifie qu'il est tout aussi ému de notre accueil.
J'ai demandé à la lune arrive, ainsi que June.
"Little Dolls" finit par me réveiller. Je suis déchaînée. Ce concert est tellement magique que je peine à y croire. Mais? Que vois-je? Sur l'écran géant, c'est Nicola! Il se touche, nous montre son torse *-* (sur Ad0ra bien sûr :p). Là, il n'y a plus de retenue. X en devient même jaloux. Qu'importe je continue à me comporter comme une jeune dévergondée xD
Trois nuits par semaine fait son entrée. La pression ne descend pas, au contraire, on s'attend presque à ce que les murs tremblent.
Brusquement, tout s'arrête. Nicola nous explique qu'il y a eut un problème de son que pourtant personne n'avait remarqué. Il nous dit que ce sont certainement les voisins qui se sont plaints. Nous commençons à les huer. Boris relance le tempo et Trois nuits par semaine redémarre, encore plus fort qu'avant.
Nicola va d'un coin à l'autre, touche chaque fan qui semblent être complètement fous. Je les envie, l'espace d'un instant, puis retourne dans mon état groupi-esque. Mes mains me font mal, ma voix part à mesure que je crie, mais je continue. Chaque nouveau cri me donne l'impression de le remercier, de les remercier. Alors je continue, de plus en plus fort et de plus en plus longtemps (ce qui excite le fan derrière moi qui, à son grand désespoir, à hérité d'une copine très coincée xD).
L'Aventurier arrive. Je n'en peux plus, je dégouline, mais qu'est-ce que c'est bon.
Le concert est censé se terminer, mais Nicola est en forme et veut, apparemment, nous remercier de l'ambiance féérique (ou devrais-je dire hystérique?) qui règne ce soir-là.
Arrivent donc "Le dernier jour." suivis de "Bye Bye Valentine" et de "Union War", en acoustique. Avec Boris au youkulélé, c'était divin.
Ensuite, c'est au tour de Kao Bang de faire son entrée. KAO BANG *-*
Avec Miss paramount, la folie atteint son paroxysme. Je regarde autour de moi, ce sont plus de 5 000 mains qui se tendent vers la scène. Je me sens heureuse pour lui, pour eux. J'ai cette impression d'être parvenue à leur faire comprendre à quel point ils ont été et sont toujours importants pour moi.
Le concert se termine, Oli, Boris et les autres quittent la scène. Nicola avance le synthétiseur et se met à chanter, seul, comme si on était en famille "Tiens, comme un rien...".
Un moment émouvant qui m'a donné cette impression presque désagréable d'adieu.
"Quand je serai vieux, je viendrai habiter à Bruxelles". Tu as encore le temps pour ça...
_____________________________________________________________________________________________________
En écrivant ces quelques phrases, c'est tout le concert qui m'est revenu en tête. Je me sens émue, j'ai les larmes au bord des yeux.
J'en ai profité, encore plus que d'habitude, encore mieux que d'habitude.
Indochine a toujours été et restera toujours L£ groupe. Ils m'ont apporté beaucoup et c'est hier, que je m'en suis vraiment rendue compte. J'ai vécu le meilleur concert de toute ma vie. Le plus beau, le plus fort, le plus émouvant, le plus... simplement le plus.
Du début à la fin, c'est le superlatif qui a primé. Je ne pensais pas que l'on pouvait atteindre un tel degré de perfection.
Aujourd'hui, je suis nostalgique. Je regrette de ne pas avoir pris d'appareil, de ne pas avoir acheté le T-shirt du Météor Tour. Au prochain, me direz-vous. Oui, évidemment. Je me sens tellement mal que ce soit fini. Et, pourtant, cela me fait sourire. Sourire et pleurer.
J'ai retrouvé Indochine comme au premier jour. Cette première fois au X Festival. Cette émotion, ce mal être mélangé à cette joie intense d'avoir trouvé quelque chose, quelqu'un qui parvenait à me comprendre.
Je suis triste, mais putain... qu'est ce que ça me fait du bien!
Nicola, je t'aime. Pas comme un homme aime sa femme, mais comme un disciple aime son mentor. Tu as toujours été là, tu m'as sauvée. J'aimerais pouvoir trouver les mots, pouvoir te le dire de vive voix.
Tu m'as enchanté cette fameuse nuit de juillet 2002. Tu m'as ré-enchanté cette putain de nuit d'octobre 2009.
J'espère de tout coeur pouvoir te rendre ce que tu as pu me donner. J'espère de tout coeur pouvoir de remercier une fois, en vrai.
"Et que nos rêves continuent", comme tu dis si bien.
Merci.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes doigts sont bleus d'avoir trop applaudi et mes articulations sont douloureuses. Mais qu'il est pénible de revenir sur terre après avoir flirté avant tant d'ivresse...
_____________________________________________________________________________________________________
Les mathématiques, vous connaissez? Ca vous dit d'en faire un peu avec moi?
Propriété numéro un: Indochine est L£ groupe qui arrive à me réduire à l'état de groupie hystérique.
Propriété numéro deux: Nicola Sirkis est L'homme de cinquante ans le plus sexy qu'il m'ait été donné de voir.
Propriété numéro trois: ne jamais sous-estimer le pouvoir de ce groupe.
Propriété numéro quatre: les gradins sont la nouvelle fosse.
________________________________________________________________________________________________________
"Un putain de public, un putain de concert". Non, ça, c'était avant.
Je me sentais anxieuse, pas prête. Les derniers jours, les dernières semaines avaient été pénibles, stressantes, moches. J'avais peur de ne pas pouvoir profiter de ce concert, peur de ne pas pouvoir y aller étant donné que personne ne voulait venir nous rechercher, X et moi. Allais-je, pour la première fois, rater un concert d'Indochine? Non...
C'est vers 6h que l'on arriva sur Bruxelles. C'était la première fois que je n'étais pas sur place 6 heures avant le début du concert. J'essayais de ne pas trop penser aux gens qui devaient être déjà là, ni à la place de parking que l'on ne trouvait pas.
A 6h50, je sors de la voiture, anxieuse, toujours. Un dernier coup d'½il sur les portières et nous voilà en route. Dans ma tête, le dilemme qui me poursuit depuis quelques heures déjà: gradins ou fosse? Fosse ou gradins?
Je marche, je marche, Forest se rapproche. La foule est présente, et, à ma grande surprise, les portes sont déjà ouvertes. Je respire un grand coup afin de faire taire cette petite voix qui me dit: "avance, contourne".
Deux poupées gonflables jonchent l'entrée. Pas de doute, c'est bien Indochine que l'on vient voir. Je retrouve les vigiles habituels ainsi que cette sale manie de fouiller les sacs pour retirer les bouchons des bouteilles.
On entre dans la salle, je regarde les gradins; de belles places sont en vue. Malheureusement, elles sont réservées à l'élite de ce monde (qui ne viendra, cependant, pas). C'est donc résignée, que je me dirige vers la fosse. Beaucoup de grands, trop de grands pour ma petite taille. Non pas que nous étions loin de la scène, mais la masse humaine m'empêchait de voir quoi que ce soit.
A mesure que les minutes passent, la foule devient de plus en plus dense; les gens se rapprochent des uns des autres, l'atmosphère devient de moins en moins respirable et les odeurs de sueur, de cigarette et de bieres m'incommodent de plus en plus.
Que faire? Rester là au prix de ne pas pouvoir en profiter pleinement ou rejoindre les gradins supérieurs de la salle? Tout se mélange dans ma tête, j'hésite, demande à X ce qu'il serait le mieux de faire, sans pour autant recevoir de réponse. Après que toutes les meilleures places gradins aient été prises, je me décide enfin: ce sera les gradins.
Une fois de plus, ma lenteur à prendre des décisions m'a joué un tour, mais bon... Je me retourne pour sortir de la fosse et là, les lumières se coupent: plus moyen de voir s'il reste encore deux places sur les gradins inférieurs. Je décide donc de monter tout en haut, avec X. Les seules places de libres semblent être celles du côté droit. Nous prenons place.
C'est haut, tellement haut que j'ai l'impression que les gens ressemblent à de minuscules vers grouillants. Je repère ça et là quelques sièges libres dans les gradins inférieurs, mais je n'ose plus bouger de peur de me faire prendre le mien.
La première partie, dont j'ai oublié le nom, continue à jouer. Je regarde autour de moi: que des vieux snobs. Je repère la barre de protection des gradins et me dis que j'irai bien passer mon concert là-bas. Bien vite, des souvenirs me reviennent. Je revois ce garde du corps qui m'avait fait dégager de cette fameuse barre. Je laisse tomber.
Plus tard, pourtant, deux filles viennent s'y accrocher. X m'encourage à les rejoindre, ce que je fais. Je me place à côté d'un homme. Par politesse, je lui demande si je ne le dérange pas. "Pas pour l'instant du moins", me répondit-il affalé sur son siège, tel un grand patron d'une multinationale. Je me rends compte que d'ici peu, il m'obligera à retourner à ma place, mais je tiens bon.
Quelques minutes plus tard, un homme, que je prends au début pour un vigile, me demande si j'ai l'intention de rester là pour le concert. Je lui réponds que oui, mais il m'oblige à retourner m'assoir. Je suis furieuse. Je ne dérangeait personne, j'étais dans le couloir. Mais visiblement, c'était beaucoup trop pour ces gens "bien mieux qu'une simple fan comme moi".
Je trépigne sur mon siège. Passer un concert d'Indochine assis?! Je parviens cependant à me rappeler ce trait de famille caractéristique: même assise, je parviens à plus bouger que les trois-quart des gens debout.
La première partie se termine. J'ai hâte qu'Indochine arrive. Un rideau se pose. De là où je suis, j'arrive à voir ce qu'il se passe derrière celui-ci.
Dans les oreilles, des chansons d'avant-guerre qui me donnent l'impression de me fondre dans une époque à laquelle je ne connais, pourtant, rien.
"Indochine, clap, clap, clap, Indochine, clap, clap, clap". Les gens s'impatientent, moi aussi. Je ressens l'envie de crier, mais n'ose pourtant pas le faire à cause de tous ces... coincés. Derrière moi, un homme qui ne cesse de téléphoner depuis le début. Il s'énerve parce qu'il n'entend rien et fini par partir. Ca me soulage: je vais pouvoir me lever sans gêner personne.
Mais le plaisir n'est que de courte durée: un couple vient se placer derrière nous. Je pousse un soupir de désespoir. La musique continue à aller, je ne tiens plus. Où diable sont-ils!
Soudain, les lumières se ferment. Le cavalier de l'affiche apparaît sur l'écran. L'animation se déroule, les gens hurlent. Je frappe dans les mains tant j'ai hâte de les voir. Le jeu du cavalier semble durer des heures et pourtant, elle est vraiment magnifique. Le c½ur battant, j'entends les premières notes se jouer "Un homme assis dans un couloir, à l'enfantillage".
Ca y est, ils sont là. "Essuie-toi, les mains sales juxtaposées". Je sens que le rideau va bientôt tomber... "Mais à l'arrière du passé, je nage et je dégaaaaage".
PAF, le rideau tombe, je crie, j'hurle! Nicola est petit, si petit, mais je vois tout, j'ai de la place et l'air est respirable (enfin presque :p). Les gens se déchaînent, et moi avec. Je gesticule, sur ma chaise, tandis que d'autres me regardent comme si je débarquais d'une planète éloignée. Tant pis pour eux, j'ai trop besoin de profiter. Chaque cris me donne l'impression d'évacuer toute la haine, toute la tristesse et toute l'angoisse que j'avais emmagasinée jusque là.
Nicola est en forme, je le regarde comme si c'était la première fois. Déjà, les premières notes de Marilyn commencent. La justesse de sa voix m'impressionne. Je le trouve tellement extraordinaire. Bientôt, mon voisin de derrière se met à m'imiter. Comme moi, il se fait regarder bizarrement, mais ses cris m'encouragent à crier encore plus fort que lui.
Je me sens heureuse, émue. J'aurais envie de bondir sur scène pour lui dire à quel point je l'aime et à quel point, une fois de plus, il est venu me sauver de toute cette saloperie.
A Alice et June, les gens devant moi commencent à se lever. ENFIN *-*. Je me lève avec eux. Je bouge comme un pantin désarticulé, j'hurle de plus en plus et chacun de mes cris donne envie à mon partenaire d'infortune de crier également.
Les gens sont fous, Nicola n'en revient pas. Les cris sont tellement forts que je peine à entendre le début de chaque nouvelle chanson. Mais quelle joie de pouvoir participer à ça.
Si les playlists sont toujours choisies avec soin, celle-ci était de loin la meilleure qu'il m'ait été donné d'écouter. Imaginez-vous: Républika, Playboy, Junior Song, le Lac, la Lettre de métal, un Ange à ma table (que j'adore), Punker, Mao Boy, mais aussi le Manoir (magnifique), DRUGSTAR (j'ai cru mourir :p), Tes yeux noirs ..., le medley avec toutes mes musiques préférées: "You spin me round, Salinger, Canary Bay, les Tzars (aaaah les Tzars..)" et j'en oublie, pardonnez-moi.
L'ambiance est indescriptible, de ma vie je n'avais vu ça. Soudain, les premières notes de 3ème sexe débutent. Les larmes me montent, j'aurais envie de lui dire tellement de chose. J'essaie de me contenir avec difficulté. L'émotion est grande, Nicola se prosterne devant nous et nous signifie qu'il est tout aussi ému de notre accueil.
J'ai demandé à la lune arrive, ainsi que June.
"Little Dolls" finit par me réveiller. Je suis déchaînée. Ce concert est tellement magique que je peine à y croire. Mais? Que vois-je? Sur l'écran géant, c'est Nicola! Il se touche, nous montre son torse *-* (sur Ad0ra bien sûr :p). Là, il n'y a plus de retenue. X en devient même jaloux. Qu'importe je continue à me comporter comme une jeune dévergondée xD
Trois nuits par semaine fait son entrée. La pression ne descend pas, au contraire, on s'attend presque à ce que les murs tremblent.
Brusquement, tout s'arrête. Nicola nous explique qu'il y a eut un problème de son que pourtant personne n'avait remarqué. Il nous dit que ce sont certainement les voisins qui se sont plaints. Nous commençons à les huer. Boris relance le tempo et Trois nuits par semaine redémarre, encore plus fort qu'avant.
Nicola va d'un coin à l'autre, touche chaque fan qui semblent être complètement fous. Je les envie, l'espace d'un instant, puis retourne dans mon état groupi-esque. Mes mains me font mal, ma voix part à mesure que je crie, mais je continue. Chaque nouveau cri me donne l'impression de le remercier, de les remercier. Alors je continue, de plus en plus fort et de plus en plus longtemps (ce qui excite le fan derrière moi qui, à son grand désespoir, à hérité d'une copine très coincée xD).
L'Aventurier arrive. Je n'en peux plus, je dégouline, mais qu'est-ce que c'est bon.
Le concert est censé se terminer, mais Nicola est en forme et veut, apparemment, nous remercier de l'ambiance féérique (ou devrais-je dire hystérique?) qui règne ce soir-là.
Arrivent donc "Le dernier jour." suivis de "Bye Bye Valentine" et de "Union War", en acoustique. Avec Boris au youkulélé, c'était divin.
Ensuite, c'est au tour de Kao Bang de faire son entrée. KAO BANG *-*
Avec Miss paramount, la folie atteint son paroxysme. Je regarde autour de moi, ce sont plus de 5 000 mains qui se tendent vers la scène. Je me sens heureuse pour lui, pour eux. J'ai cette impression d'être parvenue à leur faire comprendre à quel point ils ont été et sont toujours importants pour moi.
Le concert se termine, Oli, Boris et les autres quittent la scène. Nicola avance le synthétiseur et se met à chanter, seul, comme si on était en famille "Tiens, comme un rien...".
Un moment émouvant qui m'a donné cette impression presque désagréable d'adieu.
"Quand je serai vieux, je viendrai habiter à Bruxelles". Tu as encore le temps pour ça...
_____________________________________________________________________________________________________
En écrivant ces quelques phrases, c'est tout le concert qui m'est revenu en tête. Je me sens émue, j'ai les larmes au bord des yeux.
J'en ai profité, encore plus que d'habitude, encore mieux que d'habitude.
Indochine a toujours été et restera toujours L£ groupe. Ils m'ont apporté beaucoup et c'est hier, que je m'en suis vraiment rendue compte. J'ai vécu le meilleur concert de toute ma vie. Le plus beau, le plus fort, le plus émouvant, le plus... simplement le plus.
Du début à la fin, c'est le superlatif qui a primé. Je ne pensais pas que l'on pouvait atteindre un tel degré de perfection.
Aujourd'hui, je suis nostalgique. Je regrette de ne pas avoir pris d'appareil, de ne pas avoir acheté le T-shirt du Météor Tour. Au prochain, me direz-vous. Oui, évidemment. Je me sens tellement mal que ce soit fini. Et, pourtant, cela me fait sourire. Sourire et pleurer.
J'ai retrouvé Indochine comme au premier jour. Cette première fois au X Festival. Cette émotion, ce mal être mélangé à cette joie intense d'avoir trouvé quelque chose, quelqu'un qui parvenait à me comprendre.
Je suis triste, mais putain... qu'est ce que ça me fait du bien!
Nicola, je t'aime. Pas comme un homme aime sa femme, mais comme un disciple aime son mentor. Tu as toujours été là, tu m'as sauvée. J'aimerais pouvoir trouver les mots, pouvoir te le dire de vive voix.
Tu m'as enchanté cette fameuse nuit de juillet 2002. Tu m'as ré-enchanté cette putain de nuit d'octobre 2009.
J'espère de tout coeur pouvoir te rendre ce que tu as pu me donner. J'espère de tout coeur pouvoir de remercier une fois, en vrai.
"Et que nos rêves continuent", comme tu dis si bien.
Merci.
_____________________________________________________________________________________________________
Mes doigts sont bleus d'avoir trop applaudi et mes articulations sont douloureuses. Mais qu'il est pénible de revenir sur terre après avoir flirté avant tant d'ivresse...
_____________________________________________________________________________________________________
